Elle fait partie de ces voitures qu’on adore de prime abord : compacte, maniable, bien finie pour sa catégorie, la Volkswagen Up! a su s’imposer depuis son lancement en 2011 comme une référence dans le segment des mini-citadines. Face à la Peugeot 108, la Toyota Aygo ou la Fiat 500, elle joue la carte de la qualité perçue à l’allemande, un argument qui rassure sur le papier.
Pourtant, derrière ce vernis de sérieux, certaines motorisations et certains millésimes cachent des faiblesses que même les plus fidèles défenseurs de la marque aux quatre ronds n’osent pas nier. Boîtes de vitesses qui lâchent avant 15 000 km, moteurs turbo capricieux, systèmes pilotés mal calibrés : la Up! n’est pas exempte de reproches. Et quand on investit entre 5 000 et 12 000 € sur le marché de l’occasion, autant savoir précisément ce qu’on achète.
Alors, quels sont les moteurs à fuir, quels millésimes préférer, et que faut-il vérifier impérativement avant de signer ? Voici un tour d’horizon complet, version par version :
| Moteur | Période | Fiabilité | Points de vigilance | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| 1.0 MPI 60 ch | 2011–2015 | Bonne | Boîte manuelle, infiltrations eau | ⚠️ À contrôler |
| 1.0 MPI 75 ch | 2011–2015 | Bonne | Boîte fragile, sonde lambda, pompe à eau | ⚠️ À contrôler |
| 1.0 TSI 90 ch | 2012–2017 | Moyenne | Distribution, fuites d’huile, démarrage à froid | ❌ À éviter |
| Boîte ASG5 (toutes versions) | 2011–2019 | Faible | Saccades, blocages, usure prématurée | ❌ À éviter |
| 1.0 eco Up! GNV | 2013–2020 | Bonne | Infrastructure GNV limitée, étanchéité circuit gaz | 🔵 Niche |
| 1.0 MPI 60/75 ch post-2016 | 2016–2023 | Très bonne | Entretien courant à respecter | ✅ À privilégier |
| e-Up! restylée | 2020–2023 | Très bonne | Batterie HV (SOH), logiciel de charge | ✅ Avec vérification batterie |
Volkswagen Up phase 1 (2011–2016) : les moteurs et boîtes à problèmes

La première génération de la Up! a posé les fondations du modèle. Elle embarque une gamme de moteurs volontairement simple : un seul bloc 1.0 litre trois cylindres, décliné en version atmosphérique (60 et 75 ch), turbocompressée (90 ch) et même au gaz naturel. C’est aussi sur cette phase que les défauts les plus sérieux ont été enregistrés.
Le moteur 1.0 TSI 90 ch : le plus puissant, le moins fiable de la gamme Up
Si la majorité des moteurs de la Up! méritent un satisfecit global, le 1.0 TSI 90 ch fait figure d’exception. Commercialisé entre 2012 et 2017, ce bloc suralimenté cible les conducteurs qui souhaitent un peu plus de punch sans passer à une voiture de catégorie supérieure. Bonne intention, résultat décevant.
Le premier problème concerne la distribution. Sur cette version suralimentée, la courroie, les galets et la pompe à eau méritent une attention soutenue dès que des bruits inhabituels apparaissent. Un calage décalé suffit à condamner le moteur, une facture qui peut facilement dépasser le prix d’achat du véhicule sur un exemplaire à moins de 5 000 €. À partir de 80 000 à 100 000 km, des cliquetis de chaîne de distribution commencent également à se manifester sur certains exemplaires.
Le second problème est plus discret mais tout aussi contraignant : des fuites d’huile légères ont été régulièrement signalées sur les versions TSI, nécessitant un contrôle mensuel du niveau. Ce n’est pas dramatique en soi, mais c’est révélateur d’un moteur qui demande davantage d’attention que ses homologues atmosphériques.
- Cliquetis de chaîne entre 80 000 et 100 000 km
- Fuites d’huile récurrentes à surveiller mensuellement
- Risque de casse moteur en cas de défaillance de la distribution
- Difficultés au démarrage par temps froid à partir de 50 000 km (bougies à anticiper)
Le verdict : à moins de tomber sur un exemplaire avec un historique d’entretien VW irréprochable et une distribution récemment remplacée, le 1.0 TSI 90 ch est le moteur à éviter en priorité sur la Volkswagen Up.
La boîte ASG5 : l’option automatisée à fuir absolument
Ce n’est pas à proprement parler un moteur, mais la boîte de vitesses mécanique pilotée ASG5 est sans doute la pièce la plus problématique de toute la gamme Up!. Proposée en option sur les versions 60 et 75 ch pour séduire les conducteurs rebutés par l’embrayage manuel, elle s’avère en réalité bien plus contraignante que prévu.
Son fonctionnement repose sur un simple embrayage automatisé, une technologie aujourd’hui largement dépassée par les boîtes à double embrayage DSG. Résultat : les changements de rapports sont saccadés, particulièrement pénibles en circulation urbaine dense, là même où la Up! est censée exceller. En bouchon, les à-coups répétés finissent par fatiguer aussi bien l’embrayage que le conducteur. Des blocages sur un rapport surviennent également, imposant de repasser en neutre avant de réenclencher la marche. Bien qu’une reprogrammation logicielle améliore souvent la situation, la correction n’est jamais totalement satisfaisante.
À partir de 40 000 km, les changements de vitesses peuvent devenir franchement approximatifs. Le coût d’une intervention sur cette boîte est loin d’être négligeable pour un véhicule de cette catégorie.
Le verdict : si vous souhaitez une Up! sans embrayage manuel, orientez-vous vers des modèles plus récents ou acceptez de rouler en boîte manuelle classique. L’ASG5 est une fausse bonne idée.
Le moteur 1.0 MPI 75 ch avant 2016 : fiable, mais avec une boîte à surveiller
Le 1.0 MPI 75 ch est techniquement le moteur le plus équilibré de la gamme. Atmosphérique, sans turbo, il offre une longévité documentée jusqu’à 280 000 km avec un entretien suivi. Pourtant, sur les millésimes produits avant 2016, un point de vigilance s’impose : la boîte manuelle.
Une véritable épidémie a touché les boîtes de vitesses des Up! de première phase. Le problème le plus grave consiste en des casses très prématurées, parfois avant 15 000 km. De nombreux propriétaires ont également rapporté des difficultés de passage en première, en deuxième et en marche arrière, ou des blocages de rapports. Volkswagen a largement assumé ce défaut en procédant aux remplacements sous garantie dans la très grande majorité des cas, mais en occasion, hors garantie, c’est une autre histoire.
Par ailleurs, la sonde lambda et la pompe à eau de ce moteur peuvent présenter des défauts : une sonde vieillissante fausse la mesure de richesse et allume le voyant moteur, tandis qu’une pompe à eau défaillante perturbe le refroidissement et peut provoquer une surchauffe progressive.
Le verdict : bon moteur, mais vérifiez impérativement l’historique de la boîte et exigez la preuve que le rappel constructeur a bien été effectué.
Volkswagen Up phase 2 (2016–2023) : les modèles à éviter

Le restylage de 2016 marque un vrai tournant dans l’histoire de la Up!. Volkswagen en profite pour corriger les principaux défauts signalés sur la première phase, améliorer la qualité des matériaux et enrichir les équipements de série. La gamme se simplifie également : le TSI 90 ch disparaît progressivement du catalogue, et la version eco Up! au GNV recule. Deux blocs dominent alors : le 1.0 MPI reconduit et retravaillé, et la e-Up! qui revient en force à partir de 2020.
Le 1.0 MPI post-2016 : le meilleur choix pour une Up! d’occasion fiable
Avec les corrections apportées sur la deuxième phase, le 1.0 MPI 60 et 75 ch millésime 2016 et au-delà devient la motorisation la plus recommandable de toute la gamme. Les problèmes de boîte manuelle sont largement résorbés, la fiabilité électronique s’améliore sensiblement, et les coûts d’entretien restent parmi les plus bas de la catégorie, autour de 210 € par an pour un usage standard.
La consommation réelle se stabilise à environ 4,6 L/100 km en usage mixte, et les exemples documentés attestent de moteurs dépassant régulièrement les 200 000 km sans intervention majeure. Pour les acheteurs d’occasion, cibler une version Club ou High Up! post-2016 à moins de 85 000 km avec carnet VW complet représente clairement le meilleur rapport risque/valeur du marché.
Il convient toutefois de rester vigilant sur un point : les premières versions 2011–2013 présentent parfois des infiltrations d’eau dans les longerons, un défaut structurel silencieux mais potentiellement coûteux à long terme. Ce risque est absent sur les modèles post-2016.
Le verdict : le 1.0 MPI après 2016 est la valeur sûre absolue de la gamme. C’est le moteur à cibler en priorité lors d’un achat d’occasion.
La Volkswagen e-Up! restylée (2020–2023) : fiable, mais à vérifier avant achat
La e-Up! de deuxième génération, lancée en version améliorée à partir de 2020, bénéficie d’une batterie de 32,3 kWh offrant jusqu’à 260 km d’autonomie WLTP. Par rapport à la première e-Up! (autonomie d’environ 160 km NEDC), c’est une transformation radicale qui en fait une vraie alternative pour la ville.
Sur le plan de la fiabilité, les retours propriétaires sont globalement positifs. Des problèmes logiciels sur le système de charge ont été signalés, mais ils sont généralement corrigés par une simple mise à jour. Le vrai point de vigilance concerne l’état de la batterie haute tension : après 80 000 km ou plusieurs années d’usage intensif, la dégradation de la capacité peut devenir perceptible. Un contrôle de l’état de santé de la batterie (SOH) est indispensable avant tout achat.
- Vérifier le SOH (State of Health) de la batterie, idéalement supérieur à 85 %
- Contrôler l’historique des mises à jour logicielles (système de charge)
- Préférer un exemplaire chargé principalement en courant alternatif (préserve mieux la batterie)
Le verdict : la e-Up! restylée est une voiture fiable pour un usage 100 % urbain. Elle mérite simplement une vérification approfondie de sa batterie avant signature.
Volkswagen Up fiable : quels sont les meilleurs modèles à acheter en occasion ?
Après avoir identifié les pièges à éviter, place à la bonne nouvelle : il existe bel et bien des Volkswagen Up dignes de confiance sur le marché de l’occasion. Ce sont des voitures capables d’enchaîner les kilomètres sans mauvaise surprise, à condition de savoir lesquelles cibler. Voici les configurations les plus solides, classées par priorité.
Les Up! les plus fiables : le classement des meilleures versions
Les trois combinaisons suivantes représentent le meilleur de ce que la gamme Up! a à offrir en termes de fiabilité sur le marché de l’occasion.
1. La High Up! ou Club Up! 1.0 MPI 75 ch (2016–2023) : la référence absolue
C’est le choix numéro un, sans hésitation. Ce moteur atmosphérique, couplé aux améliorations apportées lors du restylage de 2016, offre un niveau de fiabilité exceptionnel pour la catégorie. Les propriétaires documentent régulièrement des kilométrages dépassant 200 000 km sans intervention majeure, pour un coût d’entretien annuel d’environ 210 €. En version High Up! ou Club Up!, l’équipement de série est généreux sans alourdir la facture de maintenance.
2. La Move Up! 1.0 MPI 60 ch (2016–2020) : le choix économique et sans risque
Moins puissante mais tout aussi robuste, la Move Up! 60 ch post-2016 représente l’entrée de gamme la plus saine du marché. Elle se trouve à des prix attractifs (à partir de 5 500 €) et offre une fiabilité identique à sa grande sœur 75 ch. Idéale pour un usage strictement urbain, elle consomme en moyenne 4,5 L/100 km en conditions réelles.
3. La e-Up! restylée (2020–2023) : le choix électrique pour la ville
Pour les conducteurs dont les trajets n’excèdent pas 200 km, la e-Up! restylée est une option crédible. Sa batterie de 32,3 kWh et son autonomie WLTP de 260 km en font la citadine électrique la plus accessible du groupe Volkswagen. À condition de vérifier l’état de la batterie avant achat, elle peut s’avérer très économique à l’usage.
Ce qu’il faut réunir pour acheter la Up! idéale
Un bon millésime et un bon moteur ne suffisent pas. Certaines conditions doivent être réunies pour que l’achat soit vraiment serein, quel que soit l’exemplaire visé.
- Millésime 2016 ou ultérieur : les corrections post-restylage sont indispensables
- Moins de 85 000 km avec un carnet VW complet et tamponné
- Boîte manuelle classique : ni ASG5, ni boîte présentant des signes de passage difficile
- Rappels constructeurs documentés, notamment sur la boîte de vitesses (modèles 2011–2015)
- Rapport d’historique par plaque pour croiser kilométrage réel, accidents et propriétaires
- Diagnostic OBD réalisé avant signature (environ 35 € chez un mécanicien indépendant)
Quel budget total prévoir pour une Up! fiable ?
La question du coût total de possession mérite d’être posée dès l’achat, pas après.
| Configuration | Prix d’achat moyen | Entretien annuel estimé | Provision mécanique 24 mois |
|---|---|---|---|
| 1.0 MPI 75 ch post-2016, moins de 85 000 km | 7 500 à 9 500 € | 210 € | 300 à 500 € |
| 1.0 MPI 60 ch post-2016, moins de 70 000 km | 5 500 à 7 000 € | 180 € | 300 à 500 € |
| e-Up! restylée post-2020, SOH supérieur à 85 % | 10 000 à 13 000 € | 120 € (pas de vidange) | 400 à 600 € (batterie) |
| 1.0 MPI 75 ch avant 2016, boîte vérifiée | 4 500 à 6 500 € | 210 € | 800 à 900 € |
| 1.0 TSI 90 ch (à éviter) | 5 000 à 8 000 € | 350 € et plus | 1 500 € et plus |
Sur une Up! 1.0 MPI post-2016 bien entretenue, les dépenses mécaniques cumulées restent modestes : environ 1 650 € sur 100 000 km pour les entretiens courants. C’est l’un des ratios les plus favorables de toute la catégorie des mini-citadines.
Les points à vérifier impérativement avant d’acheter une Volkswagen Up d’occasion
Peu importe le moteur ciblé, certaines vérifications s’imposent avant de remettre un chèque au vendeur. La Up! reste une citadine fiable dans l’ensemble, mais quelques angles morts peuvent transformer une bonne affaire en gouffre financier.
Historique d’entretien et rappels constructeurs Volkswagen Up
Le carnet d’entretien VW est une pièce maîtresse. Un exemplaire sans historique suivi est à fuir, quelle que soit sa présentation. Vérifiez notamment si le rappel constructeur lié à la boîte de vitesses a bien été effectué, surtout sur les modèles 2011–2015. Un rapport d’historique par plaque d’immatriculation, disponible auprès des services compétents, permet de croiser les données : kilométrage réel, accidents déclarés, nombre de propriétaires, rappels documentés.
Contrôle de la boîte de vitesses en conditions réelles
Ce point concerne particulièrement les millésimes avant 2016. Lors de l’essai, engagez la première à froid, tentez la marche arrière en montée légère, et multipliez les changements de rapports en douceur. Un passage hésitant, un bruit sourd ou une résistance inhabituelle sont des signaux d’alarme. Un passage en boîte OBD (environ 35 € chez un mécanicien indépendant) peut révéler des codes d’erreur latents.
Inspection visuelle des longerons et des joints
Sur les exemplaires produits entre 2011 et 2013, une inspection des longerons est recommandée pour détecter d’éventuelles traces de corrosion dues aux infiltrations d’eau. Vérifiez également l’état des joints de portes et des seuils : des signes d’humidité persistante à l’intérieur du véhicule méritent d’être pris au sérieux.
Conclusion : quelle Volkswagen Up acheter en occasion ?
La Volkswagen Up! est, dans l’ensemble, une bonne voiture. Fiable, économique et bien construite, elle surclasse souvent ses rivales françaises et japonaises sur la durabilité mécanique, à condition de choisir le bon exemplaire. La recette est simple : 1.0 MPI, millésime 2016 ou ultérieur, boîte manuelle classique, carnet VW complet, moins de 85 000 km. Dans cette configuration, vous obtenez une citadine capable de franchir allègrement les 200 000 km sans sueurs froides.
À l’inverse, le 1.0 TSI 90 ch et la boîte ASG5 représentent les deux écueils majeurs à éviter. Pas parce qu’ils sont fondamentalement mauvais, mais parce que leurs défauts connus, associés au prix d’achat et aux coûts de réparation potentiels, rendent le risque financier disproportionné.
Prenez le temps de l’essai, exigez l’historique complet, et n’hésitez pas à investir quelques dizaines d’euros dans un diagnostic indépendant. Sur un achat à plusieurs milliers d’euros, c’est l’une des meilleures assurances qui soit.



