Fiable, bien équipée, garantie cinq ans : la Hyundai i20 coche beaucoup de cases sur le papier. Depuis son lancement en 2009 pour succéder à la Getz, cette citadine coréenne s’est imposée comme une alternative sérieuse à la Peugeot 208 ou à la Renault Clio. Pourtant, derrière cette image rassurante se cachent des zones d’ombre que tout acheteur avisé devrait connaître. Certaines motorisations transforment l’expérience en cauchemar mécanique, d’autres génèrent des frais imprévus dès les 60 000 premiers kilomètres.
Alors, quelle i20 acheter sans risque ? Voici le guide complet, génération par génération, des modèles à fuir et des versions à privilégier.
Tableau récapitulatif : les motorisations Hyundai i20 en un coup d’œil
| Génération | Motorisation | Verdict | Problème principal |
|---|---|---|---|
| 1ère (2009–2014) | 1.2 77 ch | ❌ À éviter | Défaut soupapes, rappel 2010 |
| 1ère (2009–2014) | 1.1 CRDi 75 ch | ❌ À éviter | Dilution huile/gasoil |
| 1ère (2009–2014) | 1.4 CRDi 75 ch | ❌ À éviter | Étriers bloqués, turbo fragile |
| 1ère (2012–2014) | 1.2 85 ch | ✅ Fiable | Peu de pannes signalées |
| 2ème (2014–2016) | BVA toutes motorisations | ⚠️ Très risqué | Transmission défaillante |
| 2ème (2014–2020) | 1.4 essence 100 ch | ❌ À éviter | Conso huile, performances décevantes |
| 2ème (2014–2020) | 1.1 CRDi 75 ch | ⚠️ Risqué | Vanne EGR, roulements boîte |
| 2ème (2018–2020) | 1.2 84 ch | ✅ Fiable | Peu de pannes signalées |
| 3ème (2020+) | 1.0 T-GDi (sans 48V) | ⚠️ Entretien strict | Chaîne distribution, injecteurs |
| 3ème (2020+) | 1.0 T-GDi 48V | ✅ Recommandé | Fiable si entretien complet |
| 3ème (2020+) | 1.2 atmosphérique | ✅ Meilleur choix | Quasi aucun défaut structurel |
Hyundai i20 1ère génération (2009–2014) : les modèles à éviter

La première génération de l’i20 est sans conteste la plus problématique des trois. Hyundai était encore en apprentissage sur le marché européen, et les millésimes 2009 à 2012 en portent les cicatrices. Avant tout achat sur cette tranche d’âge, une vigilance extrême s’impose.
Moteur 1.2 77 ch : le défaut de conception qui coûte cher
C’est le moteur le plus vendu de cette génération… et malheureusement le plus problématique. Le bloc 1.2 de 77 ch souffre d’un défaut de conception avéré au niveau des soupapes, qui ont tendance à s’encrasser prématurément. Le phénomène est suffisamment grave pour qu’un rappel constructeur soit lancé dès fin 2010. Les symptômes sont difficiles à ignorer : pertes de puissance, ratés moteur, coupures nettes en roulage.
La facture, elle, l’est tout autant. Si le rappel n’a pas été effectué par le propriétaire précédent (ce qui arrive fréquemment), les réparations oscillent entre 800 € et 1 500 €. Ce problème rend la conduite imprévisible et peut compromettre directement la sécurité routière.
- Symptômes à surveiller : ratés moteur, voyant allumé, perte de puissance soudaine
- Coût de réparation : 800 € à 1 500 €
- Point de contrôle clé : vérifier que le rappel de 2010 a bien été effectué en concession
Diesels 1.1 CRDi et 1.4 CRDi 75 ch : deux bombes à retardement
Le choix du diesel sur cette génération est une erreur à ne pas commettre. Le 1.1 CRDi 75 ch présente un problème structurel bien documenté : le carburant se mélange à l’huile moteur, faisant remonter anormalement son niveau. Cette dilution silencieuse accélère l’usure interne et peut conduire à une casse moteur si elle n’est pas détectée à temps.
Le 1.4 CRDi 75 ch n’est pas en reste. Les étriers de frein avant ont tendance à se gripper après une vingtaine de kilomètres de conduite, entraînant une perte de puissance et obligeant à rétrograder. Un turbo grippé a même été signalé à seulement 8 600 km sur certains exemplaires. Ces diesels représentent un risque financier et sécuritaire réel, à fuir absolument.
Hyundai i20 2ème génération (2014–2020) : les modèles à éviter

La deuxième génération marque une nette progression en modernité. Mais l’introduction de nouvelles technologies a apporté son lot de nouveaux problèmes, notamment sur les premières années de production. Les millésimes 2014 à 2016 concentrent la majorité des mauvaises expériences rapportées.
Boîte automatique (2014–2016) : la transmission qui inquiète
Acheter une i20 de deuxième génération avec boîte automatique sur les millésimes 2014–2016 est un pari risqué. La transmission présente des changements de vitesse saccadés, des réactions retardées et, dans les cas les plus graves, une défaillance complète. Ces problèmes surviennent typiquement entre 60 000 et 80 000 km, précisément quand la garantie est expirée. En usage urbain intensif, des phénomènes de blocage sur un rapport ou de refus de passer les vitesses ont été rapportés. Une révision complète du bloc hydraulique et de l’huile de boîte est indispensable avant tout achat sur ces années.
Moteur 1.4 essence 100 ch : puissance sur le papier, déception en pratique
On pourrait s’attendre à ce que le moteur le plus puissant de la gamme soit aussi le meilleur. Ce n’est pas le cas ici. Le 1.4 100 ch déçoit à plusieurs niveaux : consommation réelle supérieure aux annonces constructeur, performances décevantes pour la cylindrée, et une consommation d’huile anormale qui impose une surveillance régulière du niveau. Sur les versions avec boîte automatique, les dysfonctionnements de transmission viennent encore aggraver le tableau.
Diesel 1.1 CRDi (2ème génération) : la vanne EGR en embuscade
Les problèmes du diesel ne disparaissent pas avec la deuxième génération. Le 1.1 CRDi développe fréquemment des défauts sur la vanne EGR qui, en se bloquant ou s’encrassant, perturbe l’admission d’air et déclenche une perte de puissance accompagnée du voyant moteur. À cela s’ajoutent des risques sur les roulements de boîte de vitesses. Un entretien insuffisant conduit inévitablement à des dégradations progressives et coûteuses.
Hyundai i20 3ème génération (2020–présent) : les modèles à éviter

La troisième génération représente une vraie maturité pour Hyundai. Les retours propriétaires sont largement positifs et la fiabilité atteint enfin le niveau des concurrentes européennes. Pourtant, une motorisation mérite encore une vigilance particulière, surtout en occasion.
Moteur 1.0 T-GDi sans micro-hybridation : efficace, mais exigeant
Le 1.0 T-GDi turbocompressé est le moteur phare de cette génération, et sa sophistication est à double tranchant. Des bruits de cliquetis caractéristiques apparaissent dès 40 000 à 60 000 km lors des démarrages à froid, trahissant une usure prématurée des tendeurs de chaîne de distribution. L’encrassement des injecteurs à injection directe et les problèmes de soupape de dérivation du turbocompresseur complètent le tableau sur les exemplaires mal entretenus.
Ce moteur n’est pas à bannir, mais il exige une discipline d’entretien absolue. Un historique lacunaire est une raison suffisante pour passer son chemin.
Quelles sont les versions les plus fiables de la Hyundai i20 ?
Toutes les générations ont leur moteur de référence, celui qui cumule peu de pannes et des coûts d’entretien maîtrisés. Voici les valeurs sûres à rechercher en priorité.
Première génération (2009–2014) : les moteurs fiables
1.2 85 ch (post-restylage 2012)
C’est la motorisation la plus recommandée de cette génération. Après le restylage de 2012, Hyundai a corrigé les défauts du 1.2 77 ch. Le bloc 1.2 85 ch affiche une mécanique simple, des coûts d’entretien parmi les plus bas du segment et très peu de pannes lourdes signalées. La distribution par chaîne — contrairement à la courroie — réduit les risques de casse en cas d’entretien négligé.
Deuxième génération (2014–2020) : les moteurs fiables
1.2 84 ch atmosphérique (post-2018)
La valeur sûre de cette génération. Sans turbo, sans injection directe haute pression, ce bloc atmosphérique limite les sources de défaillance. Les millésimes post-2018 bénéficient en plus de corrections logicielles qui éliminent les bugs électroniques des premières années. Sobre, doux et peu coûteux à maintenir, c’est le choix idéal pour une utilisation urbaine et périurbaine.
Troisième génération (2020–présent) : les moteurs fiables
1.2 atmosphérique : la philosophie « sans turbo, sans stress »
Pour ceux qui privilégient la tranquillité d’esprit, le 1.2 atmosphérique de la troisième génération reste la motorisation la plus sage. Sans turbo ni injection directe, les sources de pannes lourdes sont quasi inexistantes. La puissance est modeste mais suffisante pour un usage quotidien, et l’entretien reste parmi les moins coûteux du marché.
1.0 T-GDi 48V micro-hybride : le compromis moderne
Si vous tenez aux performances et à la modernité, orientez-vous vers la version avec micro-hybridation 48V. Cette variante bénéficie d’une gestion thermique améliorée et d’un système de récupération d’énergie qui réduit les sollicitations du moteur en ville. À condition de vérifier un carnet d’entretien complet, les retours propriétaires sont nettement plus sereins que sur la version sans hybridation.
Les autres défauts récurrents de la Hyundai i20 à connaître
Au-delà des motorisations, certains problèmes traversent les générations et concernent des éléments non mécaniques qu’il faut avoir à l’œil.
Usure prématurée de l’embrayage
L’embrayage des boîtes manuelles est un point faible identifié sur plusieurs générations, particulièrement visible sur les modèles 2017–2019. L’usure prématurée se manifeste généralement entre 60 000 et 80 000 km selon le style de conduite. Le remplacement complet d’un embrayage sur i20 est facturé autour de 800 €, ce qui en fait un poste à inspecter systématiquement avant tout achat.
Problèmes de thermostat sur le moteur 1.2
Le thermostat du moteur 1.2 est connu pour défaillir après 70 000 à 90 000 km, entraînant soit une surchauffe soit un réchauffement insuffisant du moteur. Ce dysfonctionnement affecte directement les performances et la consommation, et peut à terme endommager des composants plus coûteux si ignoré trop longtemps. Un thermomètre de température moteur qui met anormalement longtemps à monter est un signe d’alerte à ne pas négliger lors de l’essai.
Pompe à carburant défaillante sur les diesels
Les moteurs diesel 1.1 CRDi et 1.4 CRDi peuvent voir leur pompe à carburant faiblir entre 80 000 et 120 000 km. Les symptômes sont difficiles à rater : problèmes de démarrage à froid, pertes de puissance à l’accélération, voire calage. Compte tenu du coût de remplacement d’une pompe à injection, ce point mérite une attention particulière sur tout diesel d’occasion.
Bugs électroniques et écrans défaillants
Les modèles de deuxième génération (2014–2018) souffrent de bugs électroniques divers : écrans d’infodivertissement qui se figent ou redémarrent seuls, régulateur de vitesse qui ne se coupe pas correctement sous une certaine vitesse, et capteurs divers qui donnent des alertes intempestives. Ces défauts sont rarement graves mécaniquement, mais ils peuvent s’avérer épuisants au quotidien. La mise à jour logicielle disponible à partir de 2018 corrige la majorité de ces problèmes.
Filtre à particules encrassé (diesels)
Sur tous les diesels de la gamme, le filtre à particules (FAP) peut se colmater rapidement si le véhicule est principalement utilisé en ville sur de courtes distances. La régénération du FAP nécessite des trajets autoroutiers à régime soutenu ; à défaut, le filtre se bouche, déclenchant le voyant moteur et réduisant les performances. Le remplacement d’un FAP sur i20 représente une facture pouvant dépasser 1 000 €.
Ce qu’il faut savoir avant d’acheter une Hyundai i20 d’occasion
Connaître les modèles à risque, c’est bien. Savoir les évaluer sur le terrain avant de signer, c’est mieux. Voici les vérifications essentielles à ne pas omettre.
Le diagnostic OBD2 : l’outil qui ne ment pas
Avant toute décision, un passage au diagnostic OBD2 est indispensable. Cet outil révèle les codes défaut dormants, invisibles à l’œil nu mais bien présents dans la mémoire du calculateur. Sur les 1.0 T-GDi, contrôlez spécifiquement les codes liés à la chaîne de distribution et aux injecteurs. Sur les diesels, vérifiez l’état de l’EGR et du FAP. Un vendeur sérieux n’aura aucun problème à vous laisser brancher l’outil.
Le kilométrage maximal conseillé selon la motorisation
Le kilométrage est un indicateur essentiel, mais il doit être mis en perspective avec la motorisation et l’historique d’entretien :
- Moteurs essence atmosphériques (1.2) : jusqu’à 120 000 km avec carnet complet
- Moteurs turbo essence (1.0 T-GDi) : préférer sous les 80 000 km, entretien strict requis
- Moteurs diesel (1.1 et 1.4 CRDi) : jusqu’à 150 000 km si historique irréprochable, mais risque élevé sans preuves d’entretien
- Boîte automatique : inspecter systématiquement dès 60 000 km
Les rappels constructeur : une vérification incontournable
Pour les modèles antérieurs à 2017, il est impératif de vérifier que les rappels constructeur ont bien été effectués. Le rappel soupapes de 2010 sur le 1.2 77 ch est le plus critique, mais d’autres rappels existent selon les millésimes. La bonne nouvelle : les constructeurs offrent généralement un délai illimité pour corriger ces défauts gratuitement, même hors garantie. Un contrôle auprès d’un concessionnaire Hyundai ou via le numéro VIN permet de vérifier rapidement l’historique des rappels.
L’essai terrain : ce que la fiche technique ne dit pas
L’essai routier reste irremplaçable. Quelques points à tester impérativement :
- Démarrage à froid : écouter les bruits métalliques au lancement (cliquetis = chaîne de distribution usée sur T-GDi)
- Boîte automatique : tester en circulation dense après 20 minutes de conduite pour révéler les défauts de transmission
- Climatisation : tester le refroidissement sur les modèles 2012–2015
- Freins : vérifier l’absence de blocage ou de résistance anormale (étriers grippés sur les CRDi)
- Fumée à l’échappement : nuage bleuâtre = consommation d’huile, nuage noir = encrassement EGR ou injecteurs
Bilan : quelle Hyundai i20 d’occasion choisir ?
La Hyundai i20 n’est pas une mauvaise voiture, loin de là. Mais certains millésimes concentrent suffisamment de problèmes pour justifier de s’en éloigner. Avec les bons critères de sélection, il est tout à fait possible de trouver une i20 solide et économique.
Le verdict final par priorité de choix :
- Meilleur choix absolu : i20 3ème génération (2020+) avec 1.2 atmosphérique, fiabilité maximale et entretien minimal
- Excellent compromis moderne : i20 3ème génération (2020+) avec 1.0 T-GDi 48V et carnet d’entretien complet en concession
- Bon rapport qualité/prix : i20 2ème génération (2018–2020) avec 1.2 84 ch et boîte manuelle
- Budget serré : i20 1ère génération (2012–2014) avec 1.2 85 ch, rappels vérifiés et historique complet
Quel que soit le millésime choisi, la règle d’or reste la même : un carnet d’entretien complet avec factures vaut mieux que n’importe quel argument commercial. L’i20 récompense les acheteurs rigoureux et pénalise les autres.



