Citadine star des années 2005 à 2014, la Peugeot 107 s’est taillé une réputation de petite voiture increvable, économique et facile à garer entre deux platanes. Mais derrière cette image de bonne élève se cachent quelques pièges mécaniques que tout acheteur d’occasion a intérêt à connaître avant de signer le moindre chèque. Pompe à eau capricieuse, moteur qui boit plus d’huile que de raison, diesel à la fiabilité incertaine… la 107 n’est pas parfaite, et mieux vaut le savoir avant de tomber sous le charme de ses phares ronds. Alors, quels sont réellement les moteurs Peugeot 107 à éviter, et comment repérer une bonne occasion parmi la jungle des annonces ? On fait le point, génération par génération et moteur par moteur.
Pour les plus pressés, voici d’emblée un aperçu synthétique de ce qu’il faut retenir avant de partir à la chasse à l’annonce :
| Modèle / moteur | Statut | Raison principale |
|---|---|---|
| 1.4 HDi diesel (toutes années) | ❌ À éviter | Retours de fiabilité disparates, pannes moteur mal documentées |
| 1.0 VTi essence mal entretenu ou sans suivi de la pompe à eau | ⚠️ À surveiller | Consommation d’huile excessive, risque de surchauffe |
| Véhicule sans preuve du rappel coussinets de bielles (janvier 2013) | ⚠️ À éviter sans vérification | Risque de casse moteur majeure |
| 1.0i essence 68 ch bien entretenu, carnet complet | ✅ À privilégier | Meilleur compromis fiabilité, coût d’entretien et longévité |
Peugeot 107 : une citadine fiable, mais pas exempte de pièges
Avant de pointer du doigt les mauvais élèves, remettons les pendants à l’heure : la Peugeot 107 n’a rien d’une voiture à fuir à tout prix. C’est même l’une des citadines les plus fiables de sa génération, loin devant certains moteurs PSA plus récents comme le tristement célèbre 1.2 PureTech. Mais comme toute mécanique vieillissante, elle a ses zones de fragilité qu’il serait imprudent d’ignorer.
Deux générations, une mécanique quasiment identique
Contrairement à d’autres modèles Peugeot qui multiplient les motorisations au fil des restylages, la 107 joue la carte de la simplicité. Elle a connu deux phases distinctes :
- Phase 1 (2005-2009) : version d’origine, avec des optiques rondes très reconnaissables et une gamme moteur inaugurale
- Phase 2 (2009-2014) : restylage esthétique (pare-chocs et calandre retouchés), mais mécanique quasiment inchangée
Résultat : que vous regardiez une 107 de 2006 ou de 2013, vous retrouverez globalement les mêmes moteurs, et donc les mêmes points de vigilance. Ce n’est donc pas tant une génération qu’il faut éviter, mais bien un type de motorisation.
Une note de fiabilité qui parle d’elle-même
Sur les 223 témoignages recensés par les spécialistes du secteur, la Peugeot 107 obtient un score honorable de 70 sur 100, avec une motorisation particulièrement plébiscitée : le 1.0i essence de 68 chevaux. Bien entretenue, cette petite citadine peut sans problème franchir la barre symbolique des 300 000 km. Autant dire qu’on est loin du cauchemar mécanique que représentent certains moteurs PureTech ou BlueHDi sur les Peugeot plus récentes. Mais un bon score global n’empêche pas certains défauts récurrents, et c’est justement là que le bât blesse.
Le moteur 1.0 VTi essence : le bon élève, à surveiller quand même
C’est LE moteur emblématique de la Peugeot 107, développé en collaboration avec Toyota (on retrouve d’ailleurs le même bloc sur la Citroën C1 et la Toyota Aygo). Trois cylindres, 998 cm³, 68 chevaux : sur le papier, la fiche technique a tout d’un moteur increvable. Dans la réalité, c’est globalement vrai, mais avec quelques nuances qui méritent votre attention.
Consommation d’huile excessive : le point noir numéro un
C’est LE défaut le plus documenté sur ce bloc, et il ne concerne pas que la 107. Le phénomène a touché toute une famille de moteurs trois cylindres du groupe PSA, avant d’être en partie corrigé sur les productions plus tardives. Concrètement, certains propriétaires rapportent devoir rajouter jusqu’à 3 litres d’huile entre deux vidanges, avec à la clé un encrassement des bougies qui peut faire tousser le moteur, voire recaler le véhicule au contrôle technique pour pollution excessive. Une usure prématurée des segments de piston ou un jeu de cylindres trop important sont généralement en cause. La règle à retenir : si la consommation d’huile dépasse 0,5 litre tous les 1 000 km, il est temps de s’inquiéter.
La pompe à eau, véritable talon d’Achille mécanique
Si le 1.0 VTi a un ennemi juré, c’est bien sa pompe à eau. Ce petit organe, pourtant discret, est responsable d’une bonne partie des pannes constatées sur la citadine. Les signes avant-coureurs ne trompent généralement pas : fuite de liquide de refroidissement visible sous le véhicule, aiguille de température qui s’affole sur le tableau de bord, ou encore léger sifflement au démarrage à froid. Négliger ces symptômes revient à jouer à la roulette russe avec la santé de son moteur : une surchauffe non traitée peut littéralement condamner un joint de culasse, et transformer une réparation à 300 euros en facture à quatre chiffres.
Catalyseur et allumage : un effet domino coûteux
Autre point de vigilance, moins connu mais tout aussi problématique : l’usure prématurée des bougies et bobines d’allumage. Pourquoi s’en préoccuper ? Parce qu’un allumage défaillant provoque une combustion imparfaite, qui finit par détruire prématurément le catalyseur. On se retrouve alors avec un voyant moteur allumé, une odeur de brûlé caractéristique et parfois une fissure au niveau de la jonction entre le catalyseur et le collecteur d’échappement. Un scénario qui, comme un jeu de dominos, transforme une négligence d’entretien basique en réparation nettement plus salée.
Le 1.4 HDi diesel : le moteur de Peugeot 107 vraiment à éviter
S’il fallait désigner un mauvais élève sur la gamme 107, ce serait sans hésiter le diesel. Moins répandu, moins documenté, et surtout moins rassurant sur la durée, le 1.4 HDi de 54 ou 55 chevaux mérite qu’on s’y attarde avec prudence avant tout achat.
Des retours utilisateurs qui laissent perplexe
Contrairement au 1.0 essence, dont les défauts sont bien identifiés et globalement mineurs, le 1.4 HDi souffre d’un déficit de recul statistique. Vendu en bien plus petit nombre que la version essence, il génère des retours d’expérience beaucoup plus disparates : difficultés de réamorçage après un simple changement de filtre à gasoil, coups de mou soudains à vitesse stabilisée, fuites d’huile au niveau du turbo. Des propriétaires évoquent même sur les forums spécialisés des pannes moteur jugées suffisamment sérieuses pour alerter la communauté, sans qu’une cause unique et systématique ait pu être clairement identifiée.
Un diesel devenu peu pertinent au quotidien
Au-delà des questions de fiabilité, il faut aussi se poser la bonne question : le diesel a-t-il encore un sens sur une citadine comme la 107 ? Avec seulement 54 chevaux au compteur, ce moteur peine déjà à convaincre sur le plan de l’agrément de conduite. Ajoutez à cela des restrictions de circulation de plus en plus fréquentes dans les centres-villes pour les vieux diesels, et l’équation devient vite défavorable :
- Un agrément de conduite limité, avec des reprises poussives sur autoroute
- Un accès restreint dans certaines zones à faibles émissions (ZFE)
- Un entretien souvent plus coûteux qu’un trois cylindres essence équivalent
- Une revente plus difficile, faute d’acheteurs intéressés
Bref, sauf usage très spécifique nécessitant une consommation minimale sur longue distance, le 1.4 HDi reste le moteur à éviter en priorité sur une Peugeot 107 d’occasion.
Le rappel coussinets de bielles : la zone d’ombre à ne pas négliger
Il existe un point commun à toutes les 107, quelle que soit leur motorisation, et il mérite qu’on s’y arrête : un rappel constructeur a été déclenché le 17 janvier 2013, concernant plusieurs centaines à plusieurs milliers de véhicules touchés par un défaut de coussinets de bielles. Or ce composant est absolument vital pour la santé du moteur : son dysfonctionnement peut purement et simplement entraîner sa destruction complète. Problème, aucune précision officielle n’a jamais été communiquée sur le ou les blocs spécifiquement concernés par cette campagne. La conséquence pratique est simple : avant tout achat, mieux vaut vérifier directement auprès d’un concessionnaire Peugeot, numéro de série (VIN) en main, si le véhicule convoité a bien fait l’objet de ce rappel et si l’intervention a été réalisée.
Quelle est la Peugeot 107 la plus fiable ?
Après ce tour d’horizon des pièges à éviter, passons au côté lumineux de la citadine : car s’il y a bien une chose à retenir, c’est qu’une Peugeot 107 bien choisie peut se révéler être un compagnon de route remarquablement fiable et économique. Reste à savoir repérer le bon profil parmi les centaines d’annonces disponibles.
Le profil de véhicule idéal à rechercher
La perle rare existe, encore faut-il savoir la reconnaître. Le meilleur compromis reste sans conteste une Peugeot 107 équipée du 1.0i essence 68 chevaux, idéalement de Phase 2 (2009-2014), dont certains ajustements de production ont permis de limiter les soucis de consommation d’huile constatés sur les tout premiers modèles. Une utilisation majoritairement urbaine ou périurbaine est également un excellent signe : c’est précisément le terrain de jeu pour lequel ce moteur a été pensé, avec une usure globalement plus douce qu’un usage autoroutier intensif.
Quel entretien et quel kilométrage exiger avant de craquer ?
Un bon dossier vaut parfois mieux qu’un faible kilométrage affiché au compteur. Avant de vous décider, voici les éléments qui doivent impérativement figurer au carnet d’entretien :
- Des vidanges régulières, effectuées tous les 10 000 à 15 000 km selon le type d’huile utilisée
- Un remplacement documenté de la pompe à eau, ou au minimum l’absence de tout signe de fuite ou de surchauffe passée
- Une compression moteur homogène entre les trois cylindres, vérifiable facilement chez un mécanicien
- La preuve que le rappel coussinets de bielles de janvier 2013 a bien été traité par le réseau Peugeot
Profil idéal vs profil à fuir : le comparatif express
Pour visualiser d’un coup d’œil ce qui distingue une bonne affaire d’un futur casse-tête mécanique, rien ne vaut une confrontation directe des deux profils types que vous croiserez sur le marché de l’occasion.
| Critère | Profil à privilégier | Profil à fuir |
|---|---|---|
| Moteur | 1.0i essence 68 ch | 1.4 HDi diesel |
| Carnet d’entretien | Complet, factures à l’appui | Incomplet ou absent |
| Pompe à eau | Changée ou saine, sans trace de fuite | Jamais mentionnée, signes de surchauffe |
| Consommation d’huile | Inférieure à 0,5 L / 1 000 km | Appoints fréquents et importants |
| Rappel coussinets de bielles | Vérifié et traité | Statut inconnu |
| Usage précédent | Urbain / périurbain | Longs trajets autoroutiers intensifs |
Avec ce type de profil sous la main, vous mettez toutes les chances de votre côté pour dénicher une citadine capable d’avaler les kilomètres sans faire trembler votre portefeuille.
Tableau comparatif : quel moteur Peugeot 107 choisir ?
Pour y voir plus clair, rien de tel qu’une vue d’ensemble. Voici comment se positionnent les deux motorisations disponibles sur la citadine, points forts et points faibles compris.
| Critère | 1.0i / 1.0 VTi essence (68 ch) | 1.4 HDi diesel (54-55 ch) |
|---|---|---|
| Fiabilité générale | Bonne, moteur recommandé | Incertaine, retours disparates |
| Défaut principal | Consommation d’huile excessive | Pannes moteur mal identifiées |
| Point faible mécanique | Pompe à eau fragile | Turbo, filtre à gasoil |
| Consommation moyenne | Environ 4,5 L/100 km | Plus économe sur autoroute |
| Coût d’entretien | Modéré et pièces accessibles | Plus élevé (injection, turbo) |
| Accès ZFE | Généralement moins restreint | De plus en plus contraint |
| Verdict | À privilégier, avec surveillance | À éviter, sauf cas particulier |
Les autres défauts connus de la Peugeot 107
Au-delà des questions strictement mécaniques liées aux moteurs, la Peugeot 107 traîne aussi quelques casseroles plus discrètes, mais qu’il serait dommage de découvrir après l’achat. Passons-les en revue, défaut par défaut.
L’étanchéité des feux arrière, une infiltration sournoise
Premier défaut récurrent signalé par de nombreux propriétaires : un défaut d’étanchéité au niveau des joints des feux arrière. Rien d’alarmant sur le plan mécanique, mais le phénomène mérite tout de même votre vigilance, car une infiltration d’eau non traitée peut à terme provoquer de la corrosion ou endommager le faisceau électrique associé aux feux. Un simple contrôle visuel après une averse, ou un jet d’eau ciblé lors de l’essai, permet généralement de lever le doute rapidement.
La fixation du silencieux d’échappement, sujette à la casse
Deuxième point faible bien identifié : la fixation du silencieux d’échappement, réputée pour sa fragilité sur cette génération de citadine. Concrètement, les silentblocs qui maintiennent la ligne d’échappement en place ont tendance à se dégrader avec le temps, provoquant des vibrations inhabituelles, voire un bruit métallique caractéristique lors des accélérations. Une réparation généralement peu coûteuse, mais qui trahit souvent un manque d’entretien général si elle n’a jamais été traitée.
La fixation des pare-chocs sur les tout premiers modèles
Sur les toutes premières Peugeot 107 commercialisées, un défaut de fixation concernant les pare-chocs a également été constaté. Rien de dramatique en soi, mais un pare-chocs mal maintenu peut se désolidariser progressivement de la carrosserie, notamment lors de petits chocs urbains à faible vitesse pourtant sans gravité apparente. Un point à vérifier d’un simple coup d’œil lors de l’inspection, en s’assurant que les clips et vis de fixation sont bien tous présents et correctement positionnés.
Des accessoires électriques parfois capricieux
Enfin, comme beaucoup de citadines de cette époque, la 107 n’est pas totalement à l’abri de petites pannes électriques ponctuelles : démarreur qui rend l’âme prématurément, direction assistée capricieuse après un créneau un peu appuyé, ou encore bobines d’allumage à remplacer plus tôt que prévu. Rien qui ne remette en cause la fiabilité globale du véhicule, mais autant de détails à intégrer dans votre budget de négociation si vous les repérez lors de l’essai.
Comment bien acheter une Peugeot 107 d’occasion malgré ces points de vigilance ?
Faut-il pour autant renoncer à la Peugeot 107 ? Certainement pas. Comme souvent en matière d’occasion, la différence entre un bon plan et un gouffre financier ne se joue pas sur le papier, mais sur le terrain, lors de l’inspection du véhicule.
Les vérifications indispensables avant de signer
Un examen minutieux avant achat reste votre meilleure protection contre les mauvaises surprises. Voici les points à ne surtout pas négliger lors de votre visite :
- Contrôler le carnet d’entretien complet, avec une attention particulière portée à la pompe à eau et aux vidanges régulières
- Vérifier l’absence de fumée bleue au démarrage, signe révélateur d’une consommation d’huile anormale
- Inspecter les traces d’huile ou de liquide de refroidissement sous le moteur et au niveau de la culasse
- Demander une vérification du VIN auprès d’un concessionnaire pour s’assurer que le rappel coussinets de bielles a bien été traité
- Privilégier systématiquement, à budget égal, la version 1.0 essence plutôt que le 1.4 HDi
En appliquant cette check-list avec rigueur, vous mettez toutes les chances de votre côté pour dénicher une Peugeot 107 saine, capable de vous accompagner sereinement pendant de nombreuses années.
En résumé : la Peugeot 107 mérite sa réputation, à condition de bien choisir
Au final, la Peugeot 107 n’a rien d’une voiture à bannir des petites annonces. C’est même l’un des choix les plus rassurants qu’on puisse faire dans la catégorie citadine d’occasion, à condition de respecter une règle simple : privilégiez le 1.0 essence, surveillez sa pompe à eau et sa consommation d’huile, et méfiez-vous du 1.4 HDi diesel. Avec ces quelques précautions en tête et un carnet d’entretien passé au crible, votre 107 a toutes les chances de vous accompagner fidèlement pendant plusieurs centaines de milliers de kilomètres, sans mauvaise surprise au tournant.



